08/06/2004

Je n'allais pas lui dire...

Ce taxi n'avance pas, et prend un fameux détour...
Je suis sans doute tombé sur le taxi le plus lent de la ville, le mec a une foule de mots croisés sur son siège droit... Bouchons... je sonne... "j'ai du retard, j'arrive"...

Arrivée à 15h20...
Transpirant, suant, après m'être fait délesté de 15 € au passage... bordel...
 
"Refusé..."
 
M : "Vous êtes en retard, c'était à 3h... désolé... même si vous avez prévenu, c'était jusqu'à 15h, fallait vous y prendre à temps..."
Moi : "se passe quoi alors ?"
M : "l'ensemble des lecteurs de mémoire vont se réunir, on vous sonne vendredi... soit vous le repassez en septembre, avec la totalité de vos examens (réussis ou non, vu l'importance du mémoire), soit vous doublez systématiquement vu que c'est considéré comme un abandon de cession..."
 
M : (après 10 secondes de silence) : "Mais je ne comprends pas que vous restiez calme, je serais à votre place, je pèterais un plomb"...
 
Je reste calme, le regard vide, je souris légèrement... "la vie m'a appris qu'il fallait prendre les choses avec philosophie et sagesse..."
Je sens un petit "gloups"... un peu comme, vous savez, dans ces dessins animés...
Je sens cette impression que j'ai eu il y a si peu et en même temps si longtemps, lorsqu'elle est partie...
Je sens le début de la douleur, puis cette même impression de facilité, un peu comme un pain que l'on partage en 2...
 
Je n'allais pas lui dire...
Je n'allais pas lui dire que cela fait environ 7 jours que je ne dors quasi plus et que je suis vidé
Je n'allais pas lui dire qu'il venait de me faire rompre une promesse que j'avais faite à quelqu'un, une promesse qui venait du coeur, à savoir "dans 3 ans, je serai sorti"
Je n'allais pas lui dire que ce mois-ci, avec ma xème rupture, avec mes 25 ans, avec ma famille se déchirant, avec mon père à bout de force, ce n'était qu'un brin de paille...
Je n'allais pas lui dire qu'il venait de briser la seule chose dans laquelle je m'investissais, à laquelle je me raccrochais, en laquelle je croyais encore, à savoir pouvoir réaliser quelque chose, même minime...
Je n'allais pas lui dire qu'il venait de me confirmer que j'étais quasi mort il y a un bon bout de temps et que maintenant je n'étais plus qu'un spectre vivant...
 
Non, je n'allais pas lui dire... à quoi cela aurait-il servi ?
A rien... de toute façon, il n'aurait pas compris... comme on ne peut comprendre réellement que si l'on vit les choses...
A rien, parce que de toute facon, il s'en fout... parce que c'est ma vie, parce que c'est moi, parce que certaines choses ne peuvent être dites, ou racontées, même avec le beaume des années, et que finalement, ben y'a pas de pièce de remplacement pour l'âme...
 
Je patiente 1 heure... le temps des formalités administratives...
Attendre que tous les élèves en examen soient sortis,  attendre pour signer un document stipulant que j'avais bien compris qu'il n'était pas accepté, attendre le coup de fil du directeur qui est censé venir mais dont on sait qu'il ne viendra pas, attendre...
Tout cela n'est que du temps...
 
J'ai tout le temps maintenant...
Le temps s'écoule différemment...
L'impression d'avoir reçu une balle dans le crâne, sauf que je vois et que j'entends toujours ce qu'il se passe autour de moi, même si c'est loin
 
Le temps de ...
Le temps de regretter de décevoir ma famille qui était enfin fière que j'aie trouvé ma voie et que j'excelle enfin
Le temps de me dire que ca va retomber sur la gueule de mon père professionellement, et que c'est pas cool
Le temps de me dire que finalement, me faire larguer après donner tant d'amour aussi souvent, et larguer en ayant tellement souvant une personne prète à tout pour soi, c'est peut être cela la plus belle démonstration de l'incompréhensible humain
Le temps que les yeux s'humidifient légèrement, seule trace d'émotion dispersées il y a un petit temps (pourtant parraît que c'est très beau un mec qui pleure)
Le temps de m'asseoir, d'écrire ce post...

19:04 Écrit par SneakWind | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Hé guerrier, la bataille n'est pas fini Je ne suis pas à ta place mais des échecs, j'en ai vu et connu. Il n'ya pas de honte à avoir un échec. Echouer, c'est prouver qu'on a essayé. Ceux qui ne risquent rien et ne se défoncent pas n'ont pas d'échec. Si tu as une seconde session, ce n'est pas la fin du monde et certainement pas un déshonneur. Crois-en quelqu'un qui a eu 25 ans il y a 10 ans! Ne pense pas que tu décevras ta famille. On ne peut qu'être fier de voir quelqu'un qui s'est dépensé pour arriver là où il est, où qu'il soit. L'important c'est de se dépasser. Mets toutes les chances de côté pour ta session de septembre. Quant aux promesses qu'on fait, on n'est pas responsables des impondérables !!! Accroche-toi !!!

Écrit par : Marco | 09/06/2004

. tout n'est pas fini..la bataille ne fait peut-être que de commencer.
tu ne dois surtout pas te laisser abattre avant d'avoir commencer!
Courage!

Écrit par : englishbob | 09/06/2004

*** Comme le dit bonbon, c'est pas fini avant que TU ne le décides alors accroche toi et écrase les tous !

Écrit par : Bridge | 09/06/2004

Se donner les moyens quand tu sais que tu n'a pas le choix, que tu DOIS y arriver, tu t'en donne les moyens. Quand tu es au pied du mur, tu agis. Si ce n'est pas assez le cas, c'est qu'il te reste encore une marge de manoeuvre, alors utilise-la ! ou bien peut-être que tu crois que tu en as une mais que ce n'est pas le cas. La c'est plus grave, il faut réévaluer tes sorties de secours ;)
Conseil d'ami

Écrit par : Le moralisateur | 09/06/2004

ho là ....... Debout....le combat continue ....;-))
Allleeiiii ...chouke accroche toi ...,ta vie ne fait que commencer ....;-)))
Bisous ...

Écrit par : biogenetique | 09/06/2004

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